LE MARDI 17 JANVIER DE 18h à 20 h

SÉMINAIRE « ACTES DE LA RESYMBOLISATION » (Fanon et la psychiatrie) FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME, 190, AVENUE DE FRANCE, 75O13, METRO QUAI DE LA GARE, SALLE 1 (DANS LE PATIO).

, par Bernard Doray, Concepcion Doray

Séminaire Bernard Doray et Concepcion Doray

LA SECONDE SÉANCE DU SÉMINAIRE « ACTES DE LA RESYMBOLISATION » SE TIENDRA

LE MARDI 17 JANVIER DE 18h à 20 h

À LA FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME, 190, AVENUE DE FRANCE, 75O13, METRO QUAI DE LA GARE, SALLE 1 (DANS LE PATIO).

Cette séance sera consacrée au monde psychiatrique colonial du temps de Frantz Fanon : avec la participation de Robert Berthelier et de René Collignon.

La séance se déroulera de la manière suivante.

* prélude : Film de 10 mn : images des manifestations et interventions pour un seconde rencontre historique en hommage à Frantz Fanon pour le cinquantenaire de sa mort (6 au 9 décembre 2011), à l’initiative du Cercle Frantz de la Martinique et avec le soutien du Réseau Frantz Fanon International.

* Premier intervenant : Robert Berthelier auteur du livre "L’homme maghrébin dans la littérature psychiatrique" : L’Harmattan, 1994. Ce livre a joué un rôle important en proposant un historique bien argumenté du processus qui a mené une partie de la psychiatrie française à passer de poncifs venus de l’asile et des certitudes répandues sur l’infériorité des peuples colonisés, à l’extrémisme de l’École psychiatrique d’Alger. Son chef, Antoine Porot professant par exemple en 1932 dans un grand Congrès : "L’indigène, gros débile mental dont les activités supérieures et corticales sont peu évoluées, est avant tout un être primitif dont la vie, essentiellement végétative et instinctive, est surtout réglé par son diencéphale". Pour le dire simplement, on discutera comment jusque dans les années 1970, les étudiants de médecine en France ont pu étudier la psychiatrie dans "le Porot".

* Second intervenant : René Collignon, chercheur au CNRS et à l’Université de Nanterre. Son parcours a rencontré celui de Jacques Schotte, un psychiatre philosophe extrêmement fertile dans l’art de la symbolisation (le livre qui relate son parcours - Le pli ed., 2006 - est sous-titré : rencontrer, relier, dialoguer, partager). À la fin des années 1990, il a inventé une discipline : l’Antrpopsychiatrie. Une autre rencontre a été celle de Henri Collomb qui a fondé ce que l’on a appelé l’École de Dakar, une sorte d’anti-École d’Alger, fondée sur le respect de la culture de l’autre, et sur les potentialités thérapeutique des savoirs traditionnels. Outre René Collignon lui-même, ont travaillé dans ce lieu fertile la psychanalyste Marie-Cecile et le philosophe Edmond Ortigues, le psychologue Andras Zempleni qui deviendra un grand ethnologue ou encore Tobie Nathan.
Que ce soit dans la Revue l’Homme (EHESS) ou dans la revue psychopathologie africaine fondée par Moussa Diop et Henri Collomb ou encore dans des recueils de textes scientifiques, la démarche de Collignon contribue directement à la connaissance des faits, et de l’état des lieux pour créer une historiographie rigoureuse de la psychiatrie en Afrique.
Une question à ce sujet pourraient s’énoncer ainsi : pourquoi, en France notamment, l’histoire de la psychiatrie est-elle souvent rabattue sur des récits de vie de psychiatres qui, sauf exception, reste en apesanteur d’histoire sociale contextualisée ? Cette question peut avoir une résonance pour les études fanoniennes.