Répression en Tunisie. Textes reçus de la FTCR. Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives.

, par Serge Guichard

Répression en Tunisie.
Après la criminalisation « locale » de la contestation pacifique dans le Bassin Minier de Gafsa (sud ouest de la Tunisie), avec son cortège de procès iniques et de condamnations arbitraires, voici que le régime despotique tunisien s’attaque à présent à la solidarité des tunisiens de l’étranger, avec les déshérités de Gafsa.

TUNISIE
La répression s’élargit

Après la criminalisation « locale » de la contestation pacifique dans le Bassin Minier de Gafsa (sud ouest de la Tunisie), avec son cortège de procès iniques et de condamnations arbitraires, voici que le régime despotique tunisien s’attaque à présent à la solidarité des tunisiens de l’étranger, avec les déshérités de Gafsa.
Après Essghayer BELKHIRI (29 ans, résident à Nantes) qui a subi des traitements inhumains et dégradant durant plus d’un mois, avant d’être remis en liberté, c’est le tour de Monsieur Mouhieddine CHERBIB, Président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), association de droit français régie par la loi de 1901 (créée depuis 1974 !), d’être inculpé par le parquet de Gafsa pour "appartenance à une bande, participation à une entente établie dans le but de préparer ou de commettre un attentat contre des personnes ou des biens" et "distribution, mise en vente, exposition au regard du public, détention en vue de la distribution, de la vente, de l’exposition dans un but de propagande de tracts et de bulletins de nature à nuire à l’ordre public"*.
Cette accusation scandaleuse et calomnieuse est dénuée du moindre fondement légal, dans la mesure —notamment— où elle contredit expressément les dispositions de l’article 19 du Pacte International des Droits Civils et Politiques (ratifié par l’Etat tunisien en 1966) qui dispose, on ne peut plus clairement : « 1. Nul ne peut être inquiété pour ses opinions. 2. Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »
Alors qu’elle couvre ses auteurs d’abjection, cette accusation infamante honore encore davantage M. CHERBIB qui n’a commis d’autre « crime » que celui d’avoir exprimé (dans un Etat démocratique, la France) sa solidarité avec ses concitoyens qui subissent, depuis le 5 janvier 2008, dans la région de Gafsa, les pires atrocités qu’un régime despotique puisse infliger à « sa » population : encerclement permanent par l’armée, décès de quatre citoyens victimes de la répression, torture, traitements inhumains et dégradants, emprisonnements arbitraires consécutifs à des procès iniques, partiaux et inéquitables qui ont vu, entre autres, une enseignante (Mme Zakia DHIFAOUI) écoper d’une condamnation (en appel) de 4 mois de prison ferme pour avoir… participé à une manifestation pacifique organisée par les femmes de la région « sinistrée » de Gafsa !
Le Comité de Soutien aux Habitants du Bassin Minier (Paris) s’insurge avec force contre cette scandaleuse accusation ;
• Il exprime, tout d’abord, son soutien inconditionnel et indéfectible à M. Mouhieddine CHERBIB ;
• Il considère qu’à travers l’accusation abjecte proférée à l’encontre du Président de la FTCR, ce sont tous les tunisiens résidents à l’étranger qui se trouvent gravement menacés dans leurs libertés confisquées en Tunisie et garanties par les pays d’accueil ;
• Il somme les autorités tunisiennes d’abandonner, sans délai, ladite accusation outrancière, ainsi que les 51 autres accusations non moins infondées lancées contre Adnane HAJJI et ses camarades ;
• Appelle toutes les organisations de défense des droits humains, partis politiques, et l’ensembles des citoyens, notamment tunisiens en France, à exprimer leur solidarité avec M. CHERBIB et toutes les victimes de la répression policière, car c’est de notre liberté à tous dont il est question !
— Pour que Mouhieddine CHERBIB préserve sa liberté ;
— Pour la libération de tous les prisonniers du mouvement du Bassin Minier ;
— Pour l’abandon immédiat des poursuites engagées contre toutes celles et tous ceux qui sont en attente d’être « jugés » ;
— Pour l’abrogation de toutes les lois (tunisiennes) scélérates et inconstitutionnelles qui criminalisent la solidarité et l’exercice des libertés publiques élémentaires ;

* La liste des 38 personnes inculpées :
1- Fayçal Ben Omar 2- Haftaoui Ben Othman 3- Ali Jedidi 4- Thameur Maghzaoui 5- Ridha Ezzeddine 6- Issam Fajraoui 7- Mouadh Ahmadi 8- Abdessalam Helali 9- Mahmoud Raddadi 10- Hedi Bouslahi 11- Abdallah Fajraoui 12- Mohamed El Baldi 13- Tarek H’limi 14- Bechir Laabidi 15- Adel Jayar 16- Isamel El Jawhari 17- Lazhar Ben Abdelmalek 18- Mdhaffar Labidi 19- Haroun Hlimi 20- Taieb Ben Othman 21-Boubaker Ban Boubaker 22- Radhouane Bouzayane 23- Makram Mejdi 24- Adnane Hajji 25- Sami Ben Ahmed (Amaydi) 26- Othamn Ben Othamn 27- Ghanem Chriti 28- Mahmoud Helali 29- Boujemaa Chriti 30- Abid Khélaifi 31- Habib Khédhir 32- Rachid Abdaoui 33- Hassen Ben Abdallah 34- Mohsen Amidi 35- Maher Fajraoui 36- Ridha Amidi 37- Elfahem Boukadous 38- Mouhieddine Cherbib.Assemblée Nationale : M. Braouezec Patrick(Gauche démocrate et républicaine - Seine-Saint-Denis) QE

Situation politique enTunisie et attitude de la France

Question N° : 31124 de M. Braouezec Patrick(Gauche démocrate et républicaine - Seine-Saint-Denis) QE
Ministère interrogé : Affaires étrangères et droits de l’homme
Ministère attributaire : Affaires étrangères et droits de l’homme

Question publiée au JO le : 23/09/2008 page : 8092

Rubrique : politique extérieure

Tête d’analyse : Tunisie

Analyse : situation politique. attitude de la France

Texte de la QUESTION : M. Patrick Braouezec alerte Mme la secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme sur les conséquences de la situation dans la région du bassin minier de Gafsa en Tunisie.

Le mouvement de mobilisation portant la question sociale dans une région frappée par le chômage et la pauvreté. Depuis le mois de janvier dernier la spirale de la répression n’a fait qu’empirer.
Arrestations et brutalités contre les manifestants, tortures avérées, mort par balles de deux manifestants, arrestation lors de vacances, d’un migrant parce qu’il avait publiquement, en France manifesté son
soutien aux populations du bassin minier, criminalisation et condamnations à de lourdes peines d’emprisonnement pour les=20femmes et les hommes qui se sont mobilisés de manière pacifique pour le roit au travail et à une vie digne.

Aujourd’hui, le gouvernement tunisien vient d’inculper le président de la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives -FTCR- « pour financement d’une bande de malfaiteurs ».

Cette association et son président ont agi dans le cadre de la loi française en alertant sur la répression et l’injustice faites aux populations du bassin minier qui se mobilisent pour que le Gouvernement ouvre des négociations et réponde à leurs attentes afin de mettre fin à la crise. Cette pénalisation du mouvement social tunisien et du mouvement de solidarité internationale est incompatible avec le respect des droits démocratiques et des libertés mis en avant lors de la première réunion instaurant l’Union méditerranéenne. En conséquence, il aimerait savoir ce que le Gouvernement compte faire pour inciter le gouvernement tunisien à respecter les droits démocratiques et les libertés ainsi que les droits humains.