Parfum Nauséabond chez Guerlain

, par Peggy Cantave Fuyet (Haïti France Chine) Université Renmin de Chine (Beijing)

Tout commence le 15 octobre au JT de 13h où Monsieur Jean-Paul Guerlain est l’invité d’Elise Lucet sur le plateau de France 2. Il vient y parler de son livre « Parfum d’Amour » à l’intérieur duquel se trouve également un véritable parfum.

Il nous parle du parfum de vétiver, de son enfance, de son amour pour les femmes. Jusque-là, tout va bien. Il nous explique ensuite la façon dont il aurait séduit une femme, devenu plus tard sa femme et qui fut la source d’inspiration du parfum Samsara. On se serait presque laissé embaumer par ce doux mélange de jasmin, de rose et de santal auquel il fait allusion jusqu’à ce qu’il ajoute que « Pour une fois je me suis mis à travailler comme un nègre ». Déjà ça commençait à se gâter ! Madame Lucet rit à gorge déployée, mais semble-t-il qu’il a cru bon d’en rajouter en disant d’un air paternaliste et prétentieux : « Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin … ». La journaliste ne réagit même pas et affiche toujours le plus beau des sourires. Trop, c’est trop ! Elise Lucet aurait dû réagir. Ce sont là des propos racistes qui méritent d’être dénoncés.

Selon le journal Libération, Jean-Paul Guerlain aurait exprimé des regrets dans une lettre envoyée à L’AFP dont voici un extrait : « Je présente mes excuses à tous ceux qui ont pu être blessés par les propos choquants que j’ai tenus », « Mes paroles ne reflètent en aucun cas ma pensée profonde, mais relèvent d’un dérapage hors de propos que je regrette vivement ».

On ne comprend pas en quoi ce « dérapage » ne reflèterait pas sa pensée profonde…
Toujours est-il que le mal est fait. Cela prouve encore une fois qu’il est urgent de combattre le racisme quelle que soit la personne, le lieu où il s’exprime ou la forme qu’il prend.
Il faut lutter sans relâche pour que les mots « égalité » et « fraternité » ne soient pas que des mots gravés dans la pierre sur la façade des écoles ou des mairies, mais qu’ils s’inscrivent dans nos têtes et nos cœurs. Il n’y a qu’ainsi que nous pourrons espérer vivre ensemble en paix, en harmonie et toute fraternité, peu importe l’origine ethnique, la religion ou la couleur de peau.

Comme le dit si bien la devise de la première République Noire où, en 1804, les esclaves ont battu les troupes napoléoniennes pour se libérer de l’esclavage, « L’union fait la force » !

Extrait du JT de 13h sur France 2 le 15 octobre 2010 :