Inde. Reprise des affrontements entre communistes et extrême droite au Kerala

, par Lina Sankari

Article mis en ligne par Michaële LAFONTANT PCF (membre du CN)

Babu Kannappoyil, militant actif du Parti communiste d’Inde- Marxiste (CPI-M) et ancien conseiller de la ville de Kannur, battu à mort par un groupe d’assaillants non-identifiés, lundi 7 mai à Pulloor.
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Deux militants des deux camps sont morts lundi soir malgré des pourparlers de paix.

En Inde, le retour du nationalisme hindou sous la houlette du premier ministre Narendra Modi au pouvoir depuis 2014 a le visage du crime. Deux jours après l’ attaque de deux étudiants dalits, plus connu ici sous le nom récusé d’ Intouchables , dans un village de l’Uttar Pradesh, les meurtres politiques ont repris dans le Kerala après une période de calme relatif. Lundi soir, à Pulloor, Babu Kannappoyil, militant actif du Parti communiste d’Inde- Marxiste (CPI-M) et ancien conseiller de la ville de Kannur, a été battu à mort par un groupe d’assaillants non-identifiés. Les soupçons se sont immédiatement tournés vers le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), un groupe nationaliste hindou paramilitaire lié au Parti du peuple indien (BJP) du chef du gouvernement.

300 morts depuis 1969

Une vidéo montrant un membre du RSS célébrant le meurtre de Babu Kannappoyil a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des heurts ont éclaté dans la foulée entre des militants communistes et du RSS. Un conducteur de rickshaw du nom de Shamoj, membre de la milice d’extrême-droite, a également trouvé la mort. Suite à ces violences, un autre militant communiste est dans un état critique. En signe de protestation, le CPI-M a appelé à une grève générale de l’aube jusqu ’à la tombée de la nuit aujourd’hui à Mahe et Kannur. Le CPI-M et le RSS avaient tenu des pourparlers il y a quelques mois sous la houlette du ministre en chef de l’Etat, Pinarayi Vijayan (CPI-M) afin de ramener le calme. Depuis 1969, les violences politiques ont fait 300 morts au nord du Kerala. Le district de Kannur est tenu par le CPI-M depuis les années 1930 et chaque village compte son mémorial aux militants tombés sous les coups du RSS.

LINA SANKARI
MARDI, 8 MAI, 2018
HUMANITE.FR
rubrique internationale