Nous sommes indignés !

Incitation et provocation à la haine raciale à la Martinique Des Martiniquais portent plainte

Le Réseau International Frantz Fanon accorde son soutien sans réserve à la plainte ci-dessous. Nous sommes boulversés par l’horreur de tels propos.

Les témoignages de solidarité peuvent être envoyés à :

site.frantzfanoninternational gmail.com

qui fera suivre.

Coordination du réseau Frantz Fanon International

*P l a i n t e*

*A Monsieur le Procureur Près le Tribunal de Grande Instance de Fort-De-France*

Monsieur

Ayant pour avocat la SELARL GERMANY CONSEIL & DEFENSE, du Barreau de Fort-De-France, représentée par Maître Georges-Emmanuel GERMANY - Tél 05 96 53 59 49

**

*a l’honneur de vous exposer QUE :*

Le vendredi 6 février 2009 à 21h56 a été diffusée sur la chaîne cryptée de télévision Canal + Antilles un reportage d’investigation intitulé « Les derniers maîtres de la Martinique ».

Au cours de cette émission des propos racistes et révisionnistes ont été tenus notamment par Monsieur Alain HUYGUES-DESPOINTES.

* « Monsieur Alain HUYGUES-DESPOINTES : Les historiens exagèrent un petit peu les problèmes. Ils parlent surtout des mauvais côtés de l’esclavage, mais il y a eu des bons côtés aussi. C’est où je ne suis pas d’accord avec eux.*

*Le journaliste : C’est quoi les bons côtés de l’esclavage ?*

*Réponse de Monsieur Alain HUYGUES-DESPOINTES : Il y a des colons qui étaient très humains, (allez !), avec leurs esclaves, qui les ont affranchi, qui leur donnaient des possibilités d’avoir un métier, des choses,… »*

Le fait de prétendre qu’il y a eu des bons côtés à l’esclavage, malgré la reconnaissance par la Loi dite TAUBIRA de la Traite et l’Esclavage comme crime contre l’humanité, constitue un outrage à la mémoire, le jour même de la mort de Joseph NDIAYE, conservateur du musée de Gorée au Sénégal. C’est un délit d’apologie de crime contre l’humanité prévu et réprimé par l’article 24 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881. C’est un choc violent porté à la mémoire.

Il n’est pas contestable que l’esclavage aux Antilles concerne l’esclavage des hommes de couleur, ce qui donne à ces propos un caractère raciste visant un groupe humain identifiable.

Toujours au cours de cette émission un certain Monsieur HAYOT, parent de Monsieur Bernard HAYOT, interrogé par un journaliste de l’ORTF en 1960, a déclaré :

*« Le journaliste de lORTF : C’est facile à mener des ouvriers noirs ?*

*Réponse de Monsieur HAYOT : Oui. Le Noir c’est comme un enfant, il faut être juste, on en obtient ce qu’on veut.*

*Le journaliste de lORTF : Vous êtes un béké, qu’est-ce qu’un béké ?*

*Réponse de Monsieur HAYOT : C’est ce qu’il y a de mieux. Les békés, c’est le…ce sont les descendants des blancs européens qui se sont reproduits en race pure dans les colonies. »*

Par la suite Monsieur Alain HUYGUES-DESPOINTES va déclarer :

*« Quand je vois des familles métissées, enfin blancs et noirs, les enfants sortent de couleurs différentes, il n’y pas d’harmonie. Il y en a qui sortent avec des cheveux comme moi, il y a d’autres qui sortent avec des cheveux crépus, dans la même famille avec des couleurs de peau différente, moi je ne trouve pas ça bien. On a voulu préserver la race. »*

Ces propos racistes prolongent les propos de Monsieur HAYOT. Monsieur Alain HUYGUES-DESPOINTES, par ces déclarations, légitime l’eugénisme, condamne le mélange des races, blessent profondément les familles métissées. Monsieur Alain HUYGUES-DESPOINTES se présente en représentant d’un groupe ethnique sans doute en raison de son importance économique au sein de ce groupe et explique en utilisant le terme « on » que ce groupe a collectivement voulu préserver la pureté de la race et partage ses opinions.

Cette opposition entre les descendants de colon et le reste de la population de couleur descendante d’esclaves dont on a insulté la mémoire en trouvant des bons côtés à l’esclavage, constitue une incitation et une provocation à la haine raciale, faits prévus et réprimés par l’article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881.

Le plaignant porte plainte pour les faits précités et sollicite d’être informé des suites de la présente plainte afin de pouvoir se constituer partie civile avec élection de domicile au cabinet de son Conseil.

Fait le 7 février 2009 à Fort-De-France

Georges-Emmanuel GERMANY