10 mai 2011 Journée de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

Frantz Fanon, figure du dépassement. Regards croisés sur l’esclavage

, par Christiane Chaulet Achour

10 mai 2011 Journée de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions
Frantz Fanon, figure du dépassement. Regards croisés sur l’esclavage

Avec le concours du commissariat 2011 Année des Outre mer

Coordination : Christiane Chaulet Achour, Lucia Dumont et Marie Fremin

UCP, Salle 111, Chênes 2
10h-17h30

Argumentaire

Dès le 10 mai 2006, le CRTF a été au rendez-vous de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Pour le 10 mai 2011, il place cette 6ème journée nationale sous l’éclairage de Frantz Fanon dont l’année 2011 marque le cinquantième anniversaire de la disparition. Par rapport aux sujets brûlants de l’actualité, Fanon est une figure du dépassement qui a imprimé sa marque dans la réflexion de nombreux chercheurs depuis la diffusion de ses différentes œuvres, entre 1952 et 1961. Sur la question de l’esclavage il a été en rupture par rapport à son contexte et au regard de ses pairs ; il a été et est une figure du dépassement. Le dépassement ne signifie pas oubli et occultation mais positionnement autre.

« Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle ? Vais-je essayer par tous les moyens de faire naître la Culpabilité dans les âmes ? La douleur morale devant la densité du Passé ? Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer. Je n’ai pas le droit d’admettre la moindre parcelle d’être dans mon existence. Je n’ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères. […] Et c’est en dépassant la donnée historique, instrumentale, que j’introduis le cycle de ma liberté. Le malheur de l’homme de couleur est d’avoir été esclavagisé. Le malheur et l’inhumanité du Blanc sont d’avoir tué l’homme quelque part »… Peau noire masques blancs, 1952, extrait de la conclusion

« Regards croisés » sur l’esclavage : pour dessiner un parcours. Dans une perspective diachronique, réfléchir à l’intégration distancée de l’esclavage ou du rapport à l’esclavage dans l’émergence d’une "conscience noire", interroger la continuité entre situation d’esclave et situation de domination culturelle, politique.

Programme

10h – 13h
► Ouverture : * Un ABCésaire en construction : présentation par des étudiants de Master II et brève lecture de quelques extraits. * Á la mémoire d’Edouard Glissant

►Conférence inaugurale : Alice CHERKI, Regards croisés sur Fanon-Césaire

►Lucia DUMONT, W.E. B Dubois et Frantz Fanon : Regards croisés sur l’esclavage
► Brigitte RIERA, L’écriture de Frantz Fanon : de la parole dite à la parole inscrite

14h30 – 17h 30

►Marie FREMIN, Mémoire de l’esclavage : de la perspective fanonienne à la loi Taubira
►Salah AMEZIANE, Dans le sillage de Fanon : Anouar Benmalek et l’assainissement du passé
► Rémi ASTRUC, Le "grotesque racial" comme conséquence culturelle de l’esclavage. Les films de Spike Lee

Pause et débat

► Sylvie BRODZIAK, Le rap français en noir et blanc
► Christiane CHAULET ACHOUR, Mémoire du corps en esclavage et écriture chez Fanon et Gisèle Pineau, Evelyne Trouillot et Audrey Pulvar