Maison des Sciences de l’Homme, 54, boulevard Raspail, Salle 07 (second sous-sol)

Actualité du réseau Frantz Fanon :la question de l’émergence d’universalismes de notre temps. 15 avril 2008 18h.30 ((précédé de la projection d’un film sur ce projet au Mexique de 18 heures à 18 heures 30)

, par Bernard Doray, Concepcion Doray

Le Réseau Frantz Fanon et le CEDRATE vous convient à une réunion sur le thème :

Actualité du réseau Frantz Fanon : la question de l’émergence d’universalismes de notre temps.

Maison des Sciences de l’Homme

54, boulevard Raspail

Salle 07 (second sous-sol)

15 avril 2008

18h.30 (précédé de la projection d’un film sur ce projet au Mexique de 18 heures à 18 heures 30)

Le réseau Frantz Fanon est né de l’intention de quelques responsables
du Forum social de Nairobi (Janvier 2007), le premier qui se déroulait
en Afrique. Un séminaire s’est tenu pendant toute la durée du Forum,
auquel a participé un public varié. Des personnes d’une cinquantaine
de pays se sont inscrites sur ce qui est devenu par la suite le site
du réseau /Frantz Fanon International/, attestant ainsi de l’audience
d’une œuvre prématurément interrompue par la maladie. Comme
psychiatre, écrivain et militant de l’émancipation humaine notamment
dans les luttes de la décolonisation, Fanon nous aide à penser
l’actuel. En témoigne l’Appel de Nairobi reproduit ci-dessous.
Avec Frantz Fanon, le thème de la « resymbolisation » que nous
travaillons dans notre séminaire se déploie en trois dimensions :
1 - le militant révolutionnaire penseur, notamment, de la lutte
anticoloniale,
2 -la clinique psychiatrique et la pratique de la psychiatrie.
La référence, pour ces deux points de vue est certainement le livre
d’Alice Cherki /Frantz Fanon portrait/ - seuil, 2000) et on lira aussi
avec intérêt le dernier numéro de la revue /Sud-Nord/, consacrée à Fanon
3 – le déploiement actuel du réseau /Frantz Fanon International/.
Sans ignorer les deux premières dimensions, cette séance du séminaire
portera particulièrement sur ce denier point : en quoi ce réseau
devient une force pour la pensée et l’action « /c//ontre ce monde où
dominent les ségrégations, les discriminations et assignations à
résidence, les aliénations, contre les murs qui se construisent à
travers la planète, là où des ponts devraient l’être,/ (…) [et] /pour
qu’émerge, par différentes voies, de nouvelles subjectivités
universalistes/ (…) [ce qui] /est affaire de justice, d’égalité,
c’est-à-dire de dignité / », pour reprendre ici la fin du texte de
l’Appel de Nairobi.

Outre Bernard et Concepcion Doray, organisateurs du séminaire, quatre
autres fondateurs du réseau, nos invités, seront là, à qui nous avons
demandé d’introduire notre réflexion, chacun par un court exposé de 15
minutes.

Reprenant le titre du dernier livre de Frantz Fanon (Les damnés de la
terre), Serge Guichard interrogera, notamment à partir des pratiques
politiques, cette notion de damnation, synonyme aujourd’hui de
souffrances sociales considérable et de destins plombés, mais aussi de
rébellion contre le système du malheur qui produit cet effet.

Chantal Delmas abordera cette question à partir du système de la
domination : en quoi la domination coloniale (dont nous ne pouvons
malheureusement pas parler seulement au passé) produit à la fois
l’aliénation du dominé et du dominant (même si, bien entendu, ces deux
aliénation ne portent pas la même charge mortifère), et comment la
constitution de la perspective resymbolisante concerne les deux pôles
du rapport dominé-dominant.

Hervé Fuyet, qui a notamment en charge le dispositif informatique du
Réseau, abordera la question de l’universalisme d’aujourd’hui, ce qui
suppose la pensée d’un renversement : celui du système des marques
(couleur de peau, code ADN, accent, etc) qui inscrivent dans la chair
et l’habitus (Bourdieu) le signifiant du rapport de domination qui
tend a être vécu comme un indépassable destin pour le dominé, et
comme un état naturel des choses pour le dominant.

Moustapha Gueye reviendra enfin sur la pertinence de la pensée de
Frantz Fanon pour produire du « vivre ensemble » dans le cadre
pratique de notre monde.
Cette séance sera filmée.



Le CEDRATE a été créé comme association le premier août 1999. Il
bénéficie du statut d’association hébergée par la Maison des sciences de
Paris. Il mène des recherches actions du domaine psychosocial pour y
soutenir des recherches et des intervention pluridisciplinaires référées
au travail de la culture et à une éthique qui met au centre la
considération pour la subjectivité humaine.

Il intervient ou est intervenu, par des recherches-actions de longue
durée, notamment au Vietnam, dans une zone de montagne particulièrement affectée par la guerre chimique états-unienne, en Palestine, pour mettre en place un système public de santé mentale capable de convertir le
sdispositif asilaire en un autre, tourné vers la population, en Algérie,
dans le contexte de la guerre civile, puis du tremblement de terre de
2003), au Guatémala et au Mexique (et actuellement, il est
particulièrement mobilisé en lien avec l’association ASCAM, et dans le
cadre de la Commission Civile Internationale pour l’Observation des
Droits Humains).

Le CEDRATE a été parmi les associations qui ont fondé le Réseau Frantz
Fanon.

Le séminaire « Cliniques de la resymbolisation » vise à fonder dans
l’éthique, la théorie et la pratique clinique un champ d’interventions
d’où l’acte engagé dans la Culture et dans l’espace des solidarités
humaines ne serait pas tenu en lisière et qui réponde, de ce fait, à
certaines des exigences de notre époque. Ce Séminaire est ouvert et non payant.

Les séances ont lieu tous les troisièmes mardis du mois, de 18 heures 30
à 20 heures 30, salle 215 de la Maison des sciences de l’homme, 54 Bd
Raspail, Paris.

en métro :
Ligne 12, station Sèvres-Babylone
Ligne 4, station Saint-Placide puis par la rue du Regard

en bus :
Ligne 68, 83, 94 arrêt Sèvres-Babylone