Frantz Fanon International

Derniers articles

  • Reprendre la balle au bond : Fanon/Said

    , par Christiane Chaulet Achour

    Dans ma contribution précédente mise en ligne (intervention à la Fête de L’Huma. en septembre 2006), j’avais attiré l’attention sur le professeur de Littérature comparée, critique littéraire éminent et militant de la cause palestinienne, Edward W. Said, trop peu connu en France. C’est sur son rapport à l’œuvre de Fanon que je suis revenue dans mon intervention du samedi 6 octobre 2007. En effet, dans la suite de ce qu’évoquait Serge Guichard comme objectif pour le réseau Fanon - Espaces-Marx, de repenser les représentations car sans réfléchir sur les aliénations issues du colonialisme, on ne peut avancer dans notre réflexion sur les enjeux de l’universel, je rejoins cette idée d’une « utopie » de Fanon dynamisante : elle est mobilisatrice comme l’a rappelé Victor Permal ; elle propose des « stratégies résistantes et émancipatrices ». Mon intervention est très spécifique puisqu’elle focalise sur un domaine dans (...)

  • Cinq mots sur l’actualité de Frantz Fanon

    , par Bernard Doray

    Cette contribution tiendra en cinq mots. Mais comme chacun mérite un peu d’explication, elle prendra tout de même plus de cinq minutes. Le premier de ces mots sera Dignité. Au début du livre La dignité, les debouts de l’utopie…, il y a l’histoire de Lucia, que nous avons rencontrée, dans la minuscule communauté de San Rafael perchée dans une haute vallée de la Zona Norte du Chiapas insurgé. Sa communauté d’origine avait été divisée, et son groupe avait été attaqué par ceux qui étaient devenus des paramilitaires. Son mari était particulièrement visé car il était diacre et il professait le respect des créatures en général et de la vie humaine en particulier. Et puis, il était contaminé par les idées des zapatistes. Avec d’autres familles, ils ont tout laissé sur place pour fuir dans la montagne. Le mari de Lucia est mort d’épuisement dans cette fuite. Lorsque les étrangers-venus-de-loin l’interrogent sur ce que c’est (...)

  • Yon apèl nan Nairobi

    Depi lè kontwovès Valadolid la te fi-n pase, batisè anpi, kolon, esklavajis ak kapitalis yo te toujou gen pretansyon pou jistifie, tankou sete yon bagay ki nomal epi natirèl, tout kalite egsaksyon yo fè viktim yo sibi. Sa ki pi rèd la, bagay sa yo rive paske batisè anpi yo pretann genyen anpil konesans sou manniè nanm, kilti ak lespri viktim yo ap fonksyone.
    Soti nan teori ki pote non « enferiorite biolojik ki nan nanm viktim yo » ak kalkil yo fè sou anvi pèp sa yo ki te sibi maltretans konkèt kolonial la, chemen sa-a mennen nou nan yon lot teori ki pote non « teyori dejeneresans » ki ta sanble afekte pwoletè ak oprime yo, pou rive nan sa yo rele « rasis kiltirèl » e teyori ki jistifie chok sivilizasyon yo.
    Pou nou ka sonje, an nou mete sou tapi tout tèz, ki soti nan lekol satirik alje-a, ki te fè eskandal. Soti nan lanne 1930 pou rive nan lanne 1950 lekol sa-a fè kouri yon teyori ke li nonmen « (...)

  • La question coloniale aujourd’hui, ici et là-bas

    , par Ghazy Hidouci

    (Cette contribution est aussi à lire avec d’autres textes à sa suite sur le thème "colonialisme et anti-colonialisme" sur le site d’IPAM, partenaire de l’initiative.)
    I Rappel du contexte d’aliénation de la période coloniale :
    (analyse suivant pas à pas la pensée de Fanon dont les citations sont en italique)
    1. Définition : la colonisation est définie
    comme un système dont les bases doctrinales s’opposaient quotidiennement à une perspective humaine authentique. C’est toujours un phénomène violent, un programme désorganisation des sociétés, de désordre absolu. La rationalisation de l’entreprise par le déterminisme historique et l’apport de civilisation et de valeur ne change rien. Le colonisé doit demeurer structurellement sous-homme, sinon la logique ne fonctionne pas. Comme elle ne fonctionnera pas, l’application de la violence extrême à un sous-homme n’est pas « extraordinaire » ; Il n’y a pas (...)