23/01/07 : Frantz Fanon, une pensée d’hier face au choc des civilisations actuel...

, par Victor Permal

Premier préalable (Les Damnés de la Terre) :

« ... il importe de ne point parler rendement, de ne point parler intensification, de ne point parler rythmes. Non, il ne s’agit pas de retour à la Nature. Il s’agit très concrètement de ne pas tirer les hommes dans des directions qui les mutilent, de ne pas imposer au cerveau des rythmes qui rapidement l’oblitèrent et le détraquent. Il ne faut pas, sous le prétexte de rattraper, bousculer l’Homme, l’arracher de lui-même, de son intimité, le briser, le tuer. »

Deuxième préalable :

« Encore une fois, l’objectif du colonisé qui se bat est de provoquer la fin de la domination mais il doit également veiller à la liquidation de toutes les non-vérités fichées dans son corps par l’oppresseur. »

Fanon a commencé par traquer chez lui l’aliénation qui lui semblait la plus fondamentale, c’est à dire admettre ce que l’on disait avant lui du noir ou du nègre. Il a interrogé les civilisations, la civilisation européenne judéo-chrétienne.

Le faire, c’était poser la chrétienté comme ne pouvant expliquer les discours sur l’homme.

Une définition de ce qui était bien, de ce qui était bon, de ce qui était juste.

Donc, une définition de : qu’est-ce qu’être un homme ?

De la même manière, Fanon a interrogé ce qu’on a cru être une civilisation nègre parce qu’il a observé, dans ce qu’il a lu et par son expérience, que les noirs allaient chercher dans leurs organisations sociales, voire dans leurs migrations, voire dans leurs royautés, une explication à leur identité.

Aussi interroge-t-il des concepts comme le concept de négritude.

Remarque : Fanon n’a jamais été l’élève de Césaire, cela n’a pas empêché son admiration pour le poète.

Ces deux interrogations font que Fanon va être le premier philosophe à dire clairement « le noir n’est pas un homme, c’est un homme noir », ce qui signifie aussi le blanc n’est pas un homme, l’homme est blanc. Ce n’est pas du tout la même chose.

Poser d’un côté, ce qui est toujours le problème de l’Europe, le problème essentialiste, c’est à dire réfléchir sur l’homme et arriver à une essence d’homme comme si on voulait s’asseoir sur un concept de chaise. C’est difficile, je m’assois sur une chaise concrète.

Fanon pose la problématique de l’existence. Il lui fait dire, je suis un nègre, je m’accepte tel que je suis et je n’accepte aucune mutilation de moi-même.

Cela me paraît pour moi-même, colonisé, fondamental. Et nous sommes nombreux, dans le monde. La Martinique et la Guadeloupe sont les deux seules îles de la Caraïbe non indépendantes. Ste Lucie et Dominique, qui étaient sous domination anglaise, sont indépendantes. On peut remonter ainsi, géographiquement, jusqu’à Cuba.

Il appartient donc, à nous colonisés, ensemble, de prendre conscience de cet état de choses qui consiste à se comporter comme le colon. Quand on écoute un Antillais, il parle français. On dira ce sont les bienfaits de la colonisation. Il y a un problème car si je parle créole, personne ne comprend.

On est au cœur d’un phénomène de décérébralisation et d’un autre problème qui est de meubler le cerveau :

« On pense qu’il suffit à un dirigeant de parler sur un ton doctoral des grandes choses de l’actualité pour être quitte avec cet impérieux devoir, cette obligation de politisation des masses. Or, politiser c’est ouvrir l’esprit, c’est éveiller l’esprit, c’est mettre au monde l’esprit, c’est comme le disait Césaire, inventer les âmes. »
Bernard DREANO (CEDETIM, France)

Notre débat peut être utilement éclairé par l’actualité, et par exemple par les problèmes de la société française. Les systèmes de justification de dominations d’hier sont utilisés pour légitimer les mécanismes de domination d’aujourd’hui, et pour ceux qui résistent à cette domination, le message de Fanon retrouve une pertinence immédiate.

Ainsi aujourd’hui en France, une partie de la population est confrontée à un problème particulier car l’oppression et la marginalisation sociale qui frappe les quartiers populaires et qu’elle subit, sont amplifiées par la discrimination ethnique. Les arguments idéologiques pour perpétuer ces politiques et ces pratiques discriminatoires s’enracinent dans un imaginaire colonial toujours vivace en France, jusque dans la loi, comme on l’a vu lors du recours à une loi d’exception de la guerre d’Algérie pour répondre aux émeutes urbaines de novembre 2005.
Intervenant sud-américain

Dans les luttes révolutionnaires que nous avons menées, nous avons fait appel aux valeurs de l’Occident, en disant que les Occidentaux n’appliquaient pas les valeurs qu’ils prétendait prêcher.

J’utiliserai les écrits d’un penseur portugais qui dit : « avant de critiquer la civilisation des autres, il faut commencer par critiquer la nôtre. »

Cela se comprend bien, mais nous devons aussi faire la critique de notre pratique alternative car il se peut que les valeurs progressistes de l’Ouest, du Siècle des Lumières, ne soient peut-être pas applicables à d’autres cultures.

Il se peut que ce FSM soit conscient de cette situation car, nous ne voyons pas beaucoup de slogans, sur les murs, portant sur les droits humains, parce que les droits humains sont eurocentrés.

Dans les déclarations sur les droits humains, on met beaucoup l’accent sur l’universalisme alors que beaucoup de peuples ne cherchent pas cet universalisme, même s’il s’agit de l’universalité des droits humains occidentaux.

Le mouvement des femmes, le mouvement des peuples premiers, n’ont pas été soutenus par les luttes pour les droits humains.

Nous avons besoin d’autres sources de valeurs, à l’opposé d’une civilisation monopoliste. Il n’y a ni choc des civilisations, ni même dialogue des civilisations, parce que les civilisations ne sont pas monolithiques et quand nous faisons allusion à la civilisation des peuples premiers dits, parfois, peuples indigènes, ce n’est pas sérieux scientifiquement.

La vraie condition pour pouvoir dialoguer entre civilisations est de commencer par des dialogues internes à chaque civilisation.

Traitons notre propre diversité intraculturelle, notre propre multiplicité culturelle avant de penser à entre dans un dialogue "interculturel" avec les autres.
KENYAN de la tribu sengwer

J’appartiens à une petite communauté sengwer. Elle réside dans la partie nord du Kénya, dans une vallée du nord du Rift.

En 1933, quand nous avons été décolonisés, une commission devait régler la question des terres. Notre communauté ainsi qu’une autre, ayant un peu le même style de vie que la nôtre, a été exclue de ses propres terres par ce que nous avons appelé « le comité des voleurs ». Le comité des voleurs nous a appelé une race en voie d’extinction, et donc il n’y avait pas besoin de lui donner des terres. Heureusement pour nous, et malheureusement pour eux, nous n’avons pas du tout l’intention de mourir. Nous sommes bien vivants puisque je suis parmi vous aujourd’hui.

Nous sommes dans un pays fondamentalement agricole et si on vous prive de vos terres, votre survie est sérieusement en danger.

Beaucoup de nos terres ont été données à des soldats britanniques et une petite partie de la forêt.

Dans notre tradition, pendant la saison sèche, nous allons faire les cultures et pendant la saison humide, nous nous réfugions dans les forêts et nous chassons des animaux. Ils nous ont laissé vivre dans la forêt un certain temps. Mais en 1938, ils ont fait un autre règlement nous chassant de nos forêts parce que la plupart des rivières venaient de la forêt et nous, nous vivions sur les collines dans les forêts. Depuis 1963, nos communautés luttent pour retrouver leurs terres jusqu’à présent sans succès. Nous avions une toute petite langue de terre où nous avions le droit d’habiter et nous servions de main-d’œuvre mal payée pour les fermiers blancs. On n’avait pas de problèmes car il y avait beaucoup d’animaux, on ne les possédait pas, on les chassait. Mais quand ils ont introduit différentes races d’animaux d’élevage qui étaient leurs propriétés, nous avons eu des problèmes de survie.

Maintenant notre communauté essaie de s’adapter et d’élever des animaux mais certains prétendent que ce bétail leur appartient.

Quand on essaie de s’adapter, de faire de l’élevage, ils viennent nous chasser et nous tirer dessus.

D’autre part, nous sommes une petite communauté prise entre deux ethnies, les Masaïs et les Turkanas qui se battent souvent et notre situation est donc dangereuse.

Quand nous avons entendu parler de ce forum, nous étions très intéressés. Nous avons décidé d’y aller et de voir si nous pouvions partager notre problème.

Bien sûr, il y a beaucoup de problèmes dans ce monde autre que le nôtre. A la télé, j’ai vu un film qui disait que même les riches pleurent ! Nous n’avons pas exactement les mêmes problèmes. Mais comme nous faisons tous partie de la famille des êtres humains, nous pensons que nous pouvons échanger nos sentiments.

Notre problème est : comment allons-nous trouver une solution qui nous permette de vivre dans la paix et l’harmonie ? Nous sommes un peuple social, nous voulons vivre socialement et il était donc normal que nous participions au Forum Social.

J’ai une requête humble à formuler : si nous pouvions créer un réseau en utilisant les moyens modernes, nous pourrions continuer à communiquer et peut-être réussir à trouver une solution.
Intervenant néerlandais

J’ai apprécié Frantz Fanon quand j’étais étudiant et je crois que sa pensée est toujours d’actualité.

J’ai deux questions :

• La première à propos de l’Etat nation, peut-on défendre une cause commune si on n’a pas la même langue et ne pouvons nous comprendre ? Aux Pays-Bas, il y a des problèmes entre ceux qui ne parlent pas la même langue.

• La deuxième relative à la religion : l’un des orateurs a parlé de l’origine judéo-chrétienne. Je voudrais comprendre le bien-fondé des idées de Frantz Fanon sur cette question brûlante de la tolérance religieuse.
Intervenante

J’ai un problème : quand, parfois, je rencontre quelqu’un de ma génération ou d’une autre génération qui a eu à connaître la colonisation et si j’essaie d’évoquer avec elle la question de l’identité, je le fais à partir de ma perception. Mon discours est très académique et c’est celui d’une blanche. Je pense que cette personne ne comprend pas ce que je dis et je voudrais avoir des bases égalitaires. Je pense que cette personne ne comprend pas ce que je dis parce que je ne pose pas le problème dans sa propre culture.

Comment peut-on parler d’identité, d’universalité avec des gens qui n’ont pas notre langage académique ?
Autre intervenante

Je pense que Frantz Fanon nous donne le moyen de comprendre ces problèmes quand il décrit dans Les damnés de la terre la ville du colon et celle du colonisé.

Je m’attendais, à propos du « choc des civilisations » à ce que les gens en parlent plus, ainsi que de la peur de l’Islam.

Je pense que cette théorie est utilisée comme outil idéologique pour promouvoir la guerre. On prend les musulmans comme boucs émissaires.
FEMME DALITE

("Dalite" ou "Intouchable" ; Dalit, le nom qu’ils se donnent, signifie opprimé)

Je viens de l’Inde. J’appartiens à la communauté dalite. Il y a 3500 ans que nous sommes appelés des vauriens, des gens sales, sans âme, sans cerveau. Nous ne sommes pas des êtres humains.

En Inde, il y a des castes. Dans nos villages, il y a deux sortes de verres. Des verres pour les gens des castes supérieures et des verres pour les gens des castes supérieures.

La réalité, c’est que nous, peuples inférieurs, nous faisons tout le travail et nous le faisons gratuitement. Je vais continuer à expliquer la question relative à l’identité.

3500 ans d’oppression nous ont humiliés, nous devions nous sortir de cette situation.

Ils disent que nous sommes sales, tristes, que notre société n’est pas faite de gens civilisés. Ce qu’ils appellent civilisation c’est la discrimination, l’exclusion, la ségrégation, l’assassinat.

Il y a cinq ans, ils ont tué sept membres de ma famille. Ils les ont enfermés, ont pris du pétrole et les ont brûlés vifs car nous voulions des terres.

Est-ce cela la civilisation ?

Nous sommes la civilisation et si des gens viennent dans nos villages, nous leur donnons de la nourriture, nous partageons tout. C’est ce que nous, nous appelons civilisation !

Aussi maintenant nous voulons affirmer cette idée de civilisation : nous sommes fiers d’être dalits car nous sommes capables de partager et nous n’avons pas créé de hiérarchie.

Ma question est : comment expliquez-vous cet aspect de l’identité. Pour montrer à tout le monde que je suis une dalite, j’expose cette marque bleue qui symbolise le ciel, l’océan. J’en suis très fière et je veux contribuer à la paix.
S. GUICHARD (Espaces Marx/Transform)

Mandela dit que quand il était jeune, il dût s’enfuir d’Afrique du Sud. A la nuit, un pays ami mit à sa disposition un avion pour échapper à ses poursuivants. Il monte dans l’avion et quand le jour se lève, il regarde dans la cabine et découvre que le pilote est un noir. Il a peur. Il comprend qu’il a peur car lui, le combattant de la liberté, n’imagine pas qu’un noir puisse être pilote. Il explique que tout son travail sur l’apartheid doit beaucoup à cette anecdote.
Léo GABRIEL (Forum Social Autrichien)

A propos de cette notion d’identité culturelle interne, je vais mentionner un échange avec un prix Nobel, Amartya Sen, économiste indien qui a écrit un livre sur l’économie du problème évoqué. Quand vous dites : « j’ai différentes identités », Sen dit : « j’aimerais pouvoir choisir l’identité que je veux. »

Parfois, je pense que mon identité est celle d’un anthropologue, parfois, quand je suis en compagnie d’une femme, je préfère l’identité d’homme et assez rarement, mon identité d’Autrichien.

A. Sen dit : « Que faites-vous quand vous avez affaire à des gens à qui on a imposé une identité ? », comme c’est le cas de notre amie dalite ?

On a posé la question : est-il possible de transcender les différences quand il y a des inégalités structurelles ? Si nous considérons le cas des Indiens d’Amérique latine, on leur a imposé le label d’Indiens. Cela vient d’une erreur de Christophe Colomb. Les Indiens ont longtemps rejeté cette identité qui leur était imposée et vers les années 70, ils se sont dits « nous sommes fiers d’être des Indiens ».

Là, on ne parle plus de catégories ethniques. On parle d’une catégorie politique de gens qui sont opprimés et cette dénomination les rassemble. Madame, vous nous avez donné la réponse : quand nous sommes ensemble, nous sommes très ouverts vis-à-vis des étrangers et de tous ceux qui viennent d’ailleurs. Cela veut dire que vous avez une approche multiculturelle d’ouverture même si vous vous identifiez comme Dalit, Indien, Palestinien ou autre.

Une autre question était : peut-on défendre une cause commune quand on n’a pas la même langue ?

Si on parle de quelque chose de concret comme la terre, de quelque chose d’abstrait comme la communauté culturelle, je pense que la distinction est la suivante. Les mots n’existent pas en anglais mais ils existent en français. Les Français parlent de langue et de langage. Dans le premier cas, il s’agit des mots concrets, dans le deuxième cas, il s’agit des significations que l’on peut échanger. Pour répondre, je vais prendre un exemple récent.

Cet échange au niveau du langage n’a pas besoin d’être un échange très intellectuel, cela peut se baser sur des expériences très concrètes.

Hier soir, j’ai dîné avec une dame africaine. Je dois avouer que je suis familier avec beaucoup de cultures mais pas la culture africaine.

Nous étions dans un restaurant africain. J’ai pris ma fourchette et mon couteau pour manger. Elle me dit : « Mais pourquoi utilisez-vous ces instruments dégoûtants ? Nous pensons qu’il est beaucoup plus propre de se laver les mains et de les utiliser, la nourriture a bien meilleur goût ! »

Et nous avons discuté de tout cela, il n’y avait rien de très intellectuel. On peut ainsi donner de multiples échanges entre cultures à un niveau très simple et très concret. Pour finir, je dirai qu’il faut résoudre les problèmes interculturels qui existent par des choses concrètes, des expériences communes, pas par de grands discours intellectuels.

Vous pouvez avoir des rencontres d’intellectuels, par exemple cinq grands dirigeants religieux qui se voient, s’embrassent et beaucoup de disciples des leaders de ces religions qui viennent de s’embrasser (ce peut-être aux Etats-Unis et il ne s’agit pas forcément de l’Islam), s’entretuent.

Pour pratiquer le dialogue des civilisations, il faut des choses concrètes !
Victor PERMAL

Les humains depuis qu’ils existent veulent savoir d’où ils viennent et où ils vont. A cette question, les réponses ne sont pas identiques. La réponse de l’Occident c’est de croire que les hommes, tous les hommes, viennent d’Adam et Eve et de croire que les hommes sont issus de couples unis. Quand l’Occident se représente le monde, il y a le ciel, la terre et puis l’enfer ou le ciel. Ce n’est pas chaque individu qui le pense, c’est ce qu’on appelle une civilisation, c’est ce dans quoi se trouvent tous les individus qui sont en Occident qu’ils y croient ou non. A partir de cela, pour ce qui me concerne, le monde dans lequel je suis né et dans lequel je vis, est construit sur des rapports de la civilisation occidentale avec des gens qui venaient de différents pays d’Afrique, qui avaient des cultures différentes.

Quand je dis « venus », je veux dire :
- ils ont été achetés
- ils ont été vendus
- on leur a trouvé un statut juridique : l’esclave.

Juridiquement, on a trouvé que c’était bon, et bien, et juste, d’acheter et de vendre des hommes puis de les esclavagiser.

Comment cela a-t-il pu se faire ?

Il fallait que le monde de Louis XIV ou d’Elizabeth ou le monde de l’Angleterre dise : « c’est bien ». Il fallait qu’il y ait un jugement.

Les articles du Code noir sont :
- l’élimination des Juifs
- le baptême de tout ce qui est acheté, vendu.

Pour que cela fonctionne, il faut que l’esclave finisse par se dire : « après tout, je suis bien là où je suis » que de se dire : « je vais sortir de là où je suis et je ne vais plus piller l’or, le manganèse, le cobalt de ces pays ». C’est la civilisation judéo-chrétienne.

Quand on affirme que tous les hommes sont frères, c’est à dire qu’ils ont tous le même père : cela veut dire qu’on a une idée de la famille comme si la famille était identique dans tous les pays, comme si on gérait la sexualité, la génitalité de la même manière pour tout le monde. La civilisation judéo-chrétienne, c’est de dire aux humains, il y a une seule manière de gérer cela.

Pourquoi Sarkozy ne veut-il pas que des Africains ou des Maghrébins viennent en France ? Parce que cela pose la question de la famille et qu’il y a déjà une définition de la famille. Est-ce qu’on va la remettre en cause ? En quoi est-ce lié à Frantz Fanon ?

Il dit que tant qu’on n’a pas réfléchi à cela pour voir comment ça détermine les représentations, tant que ce travail n’est pas fait, on ne peut pas parler de libération. Cela n’empêche pas d’être dans une lutte de libération.

Autre question : mais pourquoi y a-t-il encore ce problème des blancs, des noirs ?

Pour résoudre la question, il faut savoir que Fanon était fonctionnaire français à Blida, donc désigné par le gouvernement français pour aller soigner les malades de Blida.

Fanon est un étranger à la société algérienne.

Fanon est un nègre et dans la société algérienne, il y a autant de racisme qu’ailleurs.

Cela n’a pas empêché Frantz Fanon de travailler, c’est à dire d’investir son intelligence, sa volonté et son temps pour comprendre une culture qui n’était pas la sienne