USA

Articles in this section

  • Les leçons de Ferguson, Missouri, USA

    , par Guy Levilain

    Les tragédies de Ferguson, de New York (homicide par strangulation d’un asthmatique coupable d’avoir vendu des cigarettes détaxées) et de Cleveland (un gamin de 12 ans abattu pour avoir dans ses mains un jouet qui ressemblait trop à un pistolet) sont les manifestations d’un mal beaucoup plus profond qu’on ne croit, car ils constituent en fait des lynchages autorisés par le système judiciaire, donc légaux.
    Pour comprendre ce phénomène aberrant, il faut savoir que le racisme aux États-Unis n’est autre que la perpétuation d’une politique coloniale vieille de trois cents ans que ni la Guerre de Sécession (1861-1865) ni le Mouvement des droits civiques (1954-1968) n’ont changé.
    Par politique coloniale j’entends la ségrégation absolue et institutionnalisée des colonisateurs d’avec les colonisés. Cette politique consacrée par 1) la loi écrite – le Code Noir adopté après la Guerre de Sécession, 2) par la « (...)

  • Le Compromis de 1876, origine de l’institution du racisme aux Etats-Unis.

    , par Guy Levilain

    Le Compromis de 1876 – un secret bien gardé de l’histoire des Etats-Unis – mérite d’être connu de tous ceux qui aujourd’hui combattent le racisme. Le texte qui suit est extrait de La Mémé, suivi de Réflexions sur la question métisse, roman historique de Guy Levilain. Cet ouvrage est le dernier tome d’une trilogie consacrée aux problèmes humains de l’Indochine coloniale. Il paraîtra bientôt aux éditions Edilivre.
    – Selon moi, intervint Roger… pour comprendre le racisme tel qu’il se manifeste aujourd’hui aux Etats-Unis, il faut savoir qu’il n’est pas l’acte isolé d’un dévoyé ou d’un malade mental, mais la manifestation d’un mal profond ancré depuis longtemps dans les institutions et les mentalités. Ce mal, c’est trois siècles d’esclavage avec ses lois et ses coutumes, en un mot une culture nord-américaine que l’abolition n’a pas changée. « Ainsi, compte tenu de son origine historique, le racisme dont nous parlons (...)

  • Réflexions sur la question métisse

    , par Guy Levilain

    « Le Juif est un homme que les autres hommes considèrent comme juif, et qui a pour obligation de se choisir lui-même à partir de la situation qui lui est faite". (Réflexions sur la question juive, J.P. Sartre.) »
    Avertissement :
    Bien que le terme “métis” devenu injurieux fut remplacé – du moins dans les documents officiels – par “Eurasien” au cours des années 1930, je le préfère au néologisme qui, malgré la bonne intention de ses auteurs, n’en demeure pas moins un euphémisme. Un chat, qu’on l’appelle “cat, gato ou con mèo”, demeure un chat si l’opinion qu’on a de cet animal n’a pas changé. Par ailleurs, les connotations négatives du mot “métis” ayant disparu avec l’Indochine française, il est temps selon moi de le réhabiliter.
    La discrimination qui affecta les métis a fluctué selon les circonstances, les époques et les Gouverneurs. Par exemple, le régime de Vichy fut plus tolérant voire favorable envers eux. (...)

  • Le racisme, phénomène ondoyant et divers

    , par Guy Langloy

    L’élection de Barack Hussein Obama à la présidence des USA le 4 novembre 2008 a secoué le monde. Pour la première fois dans l’histoire de l’Occident, un Noir prêtera serment le 20 janvier 2009 et sera officiellement le Président d’une nation qui, il y a à peine 40 ans, avait encore une politique de ségrégation proche de l’apartheid sud-africain.
    Les progressistes ont applaudi aux USA comme en Europe. La conscience collective des nations qui s’adonnèrent à la traite est désormais lavée, les stigmates de quatre siècles d’esclavage ont été balayés en une seule nuit, une "nuit du 4 août" qui aurait aboli tous les privilèges. Or, le sont-ils vraiment ?
    Au risque d’être traité de provocateur, je dirai pour commencer que Barack Hussein Obama n’est pas un Noir Etatsunisien. Voilà, je l’ai dit. La bombe est lancée. Car né à Hawaï d’un père kénian et d’une citoyenne de race blanche, il est certainement Etatsunien (...)

  • Troy Davis une nouvelle fois sauvé in extremis

    WASHINGTON (AFP 24 octobre 2008) — Une cour d’appel fédérale américaine a suspendu vendredi l’exécution de Troy Davis prévue lundi en Géorgie, alors que ce Noir américain assure ne pas avoir commis le meurtre d’un policier blanc pour lequel il a été condamné à mort.
    La Cour d’appel compétente pour la Géorgie a publié un arrêt dans lequel elle "accorde une suspension temporaire de l’exécution. Elle demande aux parties de lui remettre leurs conclusions dans les quinze jours, à l’issue desquels elle aura elle-même dix jours pour se prononcer sur un éventuel renvoi de l’affaire en première instance.
    Les cours d’appel fédérales se prononcent uniquement sur la forme. C’est le tribunal devant lequel l’affaire sera éventuellement renvoyée qui décidera si cet homme de 40 ans, dont 17 dans le couloir de la mort, peut bénéficier, comme il le réclame, d’un nouveau procès.
    Selon la cour d’appel, Troy Davis doit notamment (...)