Martinique

Articles de cette rubrique

  • SILENCE, ON TUE DES ULTRAMARINS À VICHY !

    Vendredi 4 juillet, dans l’indifférence générale, une mère de famille martiniquaise âgée 42 ans Madame SUZON Isabelle, qui travaillait à Vichy et vivait à Cusset (Allier - 03), est froidement abattue d’une décharge de fusil à pompe.
    Une unité du GIGN (Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) rapidement dépêchée sur place, a abattu son meurtrier qui s’était retranché chez lui en prenant des passants comme otages.
    Au-delà du caractère odieux et lâche d’un tel crime gratuit, on s’aperçoit avec effroi, que les autorités locales sont restées silencieuses et n’ont adressé aucun message de soutien à la famille, depuis ce drame qui a ensanglanté la ville de Vichy.
    Est-il ainsi permis d’assassiner dans l’indifférence, des français d’Outre-mer, alors que tout crime doit être dénoncé, et sanctionné avec la même fermeté ?
    Le maire de la ville M. Claude MALHURET, pourtant ancien secrétaire d’état aux droits de (...)

  • Anniversaire du cahier d’un retour au pays natal ou 60 ans d’audace

    , par Guillaume Surena

    “Accommodez-vous de moi Je ne m’accommode pas de vous.” A. CESAIRE
    Que font nos responsables de la culture ? Que font tous ceux qui vivent de Césaire et du nom de Césaire ? Que font nos universitaires ? Pas un colloque, pas un séminaire depuis le début de l’année 1999 pour commémorer et faire travailler le Cahier d’un retour au pays natal.
    Faut-il vraiment que de prétendus détenteurs du savoir viennent de l’extérieur pour voir nos intellectuels pro- ou anti-Césaire faire semblant d’assumer leur fonction, pour laquelle ils sont grassement payés (phénomène unique sur la planète Terre) ? Or 1939 est une date importante dans l’histoire de la martinique et de la Caraïbe : Césaire est de retour définitivement aux antilles. Acte que fanon avait ressenti comme facteur décisif pour (...)

  • Que la danse soit !

    , par Guillaume Surena

    1939… année historique et pour les Antilles et pour la poésie… C’est l’année de publication du « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé CESAIRE.
    Cette création puise sa force dans l’histoire de la poësis elle-même. Le « cahier » surgit dans le cours du développement de la littérature mondiale, comme « le coup de dé ... » de Mallarmé, pour opérer une rupture avec une époque révolue et pour annoncer des temps nouveaux, en prophétisant les formes sur lesquelles la réalité historique future viendra se modeler. Là réside le miracle de la grande littérature ! Dès lors le poète revient. C’est-à-dire qu’il réalise une Odyssée. Lui, Césaire, qui avait fui cette société coloniale qui se voulait créole au point de souhaiter ne rien à voir avec l’Afrique et où il étouffait littéralement, le voici qui chemine désormais vers « la hideur désertée [des] plaies » du pays natal. C’est d’ailleurs le retour qui donne son sens au départ. Un (...)

  • The Walls

    , par Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau

    This article is published in it’s integrality by l’Humanité in English and was taken from Institut du Tout-Monde
    One of the most fragile and most precious riches of individual or collective identity is the evidence that it develops and strengthens itself in a continuum. Nowhere do we find a static identity, it would not know how to establish or assure itself by rules, regulations or laws which make the basis of nature’s authority. The principles of identity are made up of, or sometimes unmade from regressive phases (loss of self esteem) or pathology (exasperation of a collective sense of superiority) the various ‘remedies’ do not come from decisions that are prepared, stopped then mechanically applied.
    Let us try to approach this complex multiplicity that we call identity, which is never just given as a whole in one go. A people or an individual can be attentive to the movement of their (...)

  • Les murs

    , par Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau

    Une des richesses les plus fragiles de l’identité, personnelle ou collective, et les plus précieuses aussi, est que d’évidence elle se développe et se renforce de manière continue, nulle part on ne rencontre de fixité identitaire, mais aussi qu’elle ne saurait s’établir ni se rassurer à partir de règles, d’édits, de lois qui en fonderaient d’autorité la nature. Le principe d’identité se réalise ou se déréalise parfois dans des phases de régression (perte du sentiment de soi) ou de pathologie (exaspération d’un sentiment collectif de supériorité) dont les diverses “ guérisons ” ne relèvent pas, elles non plus, de décisions préparées et arrêtées, puis mécaniquement appliquées.
    Essayons d’approcher cette multiplicité complexe, jamais donnée comme un tout, ni d’un seul coup, que nous appelons identité. Un peuple ou un individu peuvent être attentifs au mouvement de leur identité, mais ne peuvent en décider par avance, au (...)