Martinique

Articles de cette rubrique

  • Pourquoi FREUD ?... et surtout pas un autre !

    , par Guillaume Surena

    La résistance à la psychanalyse a existé dès l’invention de cette nouvelle science. La démarche de Sigmund Freud a heurté aussi bien la morale religieuse que les certitudes scientistes de son époque, aussi bien les conservateurs que les réformateurs. C’est dire que cette opposition ne fut pas de nature intellectuelle, mais bien de nature affective.
    L’ Occident a mis du temps pour reconnaitre l’importance de la découverte des processus psychiques inconscients. De tous les pays européens, la France est celui qui a opposé la plus farouche résistance. Et même ceux qui se sont intéressés à la psychanalyse n’ont eu de cesse de vouloir séparer la psychanalyse de la personne même de Freud et la pratique analytique des théories freudiennes. Cette « psychanalyse à la française » a atteint son objectif puisqu’il est devenu banal d’entendre de la bouche aussi bien des ennemis traditionnels de Freud que (...)

  • La preuve (négative) par les Antillais…

    , par Raphaël Confiant, écrivain martiniquais

    Pourquoi la droite relance-t-elle le thème de l’identité nationale ?
    Eric Besson a donc demandé aux préfets, y compris ceux de l’Outre-mer, d’organiser ce qu’il appelle « le Grand Débat sur l’Identité Nationale ». Des critiques ont aussitôt fusé de part et d’autre de l’échiquier politique : « diversion à la veille des élections régionales », « néo-pétainisme », « volonté de reconquérir un électorat de Droite déboussolé par les récentes « affaires » Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy ,etc … En fait, l’exemple des Antillais suffit à démontrer l’inanité d’un tel débat et à réduire à néant les propositions de l’ancien socialiste.
    Ecoutons, en effet, un passage-clef de sa proposition : « Mettre en place un contrat avec la Nation, passant par un entretien d’assimilation permettant de s’assurer un meilleur niveau de pratique de la langue française et des connaissances des valeurs de la république »
    Décortiquons cette proposition du (...)

  • Citations de "Les Damnés de la Terre" (1961)

    "Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire."
    Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 45
    "Chaque fois qu’il est question de valeurs occidentales, il se produit, chez le colonisé, une sorte de raidissement, de tétanie musculaire. [...] Or il se trouve que lorsqu’un colonisé entend un discours sur la culture occidentale, il sort sa machette ou du moins il s’assure qu’elle est à portée de sa main. La violence avec laquelle s’est affirmée la suprématie des valeurs blanches, l’agressivité qui a imprégné la confrontation victorieuse de ces valeurs avec les modes de (...)

  • Portée politique et idéologique de la « Lettre à Maurice Thorez » : Aimé Césaire entre théorie et pratique

    , par Michel Branchi

    Introduction :
    Aimé CESAIRE, dans sa « Lettre à Maurice Thorez » », déclarait que « ce n’est ni le marxisme, ni le communisme » qu’il reniait, « que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme » qu’il réprouvait. Il précisait vouloir mettre « marxisme et communisme » au service des peuples noirs « et non les peuples noirs au service du marxisme et du communisme ».
    Les circonstances ont voulu qu’Aimé Césaire après sa démission du Parti Communiste Français ne crée pas un Parti Communiste Martiniquais mais le Parti Progressiste Martiniquais.
    Quel rôle le marxisme a-t-il joué dans la démarche politique de Césaire ? Nous nous proposons d’analyser quelques concepts contenus dans la « Lettre à Maurice Thorez « au regard de la pratique d’Aimé Césaire : assimilationnisme et européocentrisme des communistes français, rôle des classes sociales en Martinique, mode de développement par « croissance (...)

  • Des chaînes dans la tête…

    , par Raphaël Confiant, écrivain martiniquais

    Les peuples chahutés n’ont pas de mémoire. Ou plutôt celle-ci refuse obstinément de se composer en périodes clairement lisibles que l’on pourrait transmettre de génération en génération et, à l’occasion, célébrer.
    Les Antillais sont le fruit d’un chahut qui commença à la fin du XVe siècle de l’ère chrétienne, quand le Grand Amiral de la Mer océane aborda les rivages de l’île de Guanahani et fut confronté à l’étrange et à l’irréductible.
    Les Amérindiens (comme devaient être nommés par la suite les Arawaks, habitants des Grandes Antilles et les Caraïbes ceux des Petites) refusèrent de se soumettre aux rêves tout en démesure de ceux qu’ils ne savaient pas encore être les Européens.
    De ce choc brutal, frontal, de cette première « tabula rasa », nous ne savons que ce que nous en disent les chroniqueurs dont aucun n’était autochtone. Mémoire déjà à moitié raturée donc ! Puis vint le temps obscur des transbordements de « bois (...)