Cameroun

Articles de cette rubrique

  • Achille Mbembe « Un désir fondamental d’insurrection s’exprime sous des formes nouvelles »

    , par Rosa Moussaoui

    L’inimitié est devenue le mode dominant de relation, à l’ère du capitalisme financier en crise et de la guerre contre le « terrorisme ». C’est le constat que dresse Achille Mbembe. L’historien et philosophe esquisse quelques précieuses voies de sortie pour une politique de la relation à l’échelle globale. En rupture avec les logiques de domination économique, les replis identitaires et les élans impérialistes.
    Vous dépeignez dans votre dernier essai, Politiques de l’inimitié (1), un implacable processus de « sortie de la démocratie » . Trois décennies après la chute du mur de Berlin, peut-on parler d’un destin autoritaire du néolibéralisme ?
    Achille Mbembe Nous avons une vision assez partiale de l’histoire de la démocratie. Or, le paradoxe de cette histoire, c’est que la démocratie a deux corps. D’un côté, un corps diurne, presque solaire, que l’idéologie post-1990, après la chute du bloc de l’Est, a (...)

  • Sortir de la grande nuit.

    , par Rosa Moussaoui

    Dans ce bel essai critique, dont le titre évoque le dessein anticolonialiste de Frantz Fanon, Achille Mbembe déplie, sur un mode à la fois poétique et politique, une réflexion féconde et stimulante sur le demi-siècle écoulé depuis les indépendances africaines. La décolonisation, insiste-t-il d’emblée, ne saurait se réduire à un moment historique. Elle fut aussi, et peut-être surtout, une catégorie politique visant une réinvention du rapport entre le sujet colonisé et le monde, une «  montée universelle en humanité  » dont Amilcar Cabral souligna la portée proprement révolutionnaire.
Que reste-t-il de cet événement majeur ? «  Le crâne d’un parent mort  », résume l’auteur non sans amertume, au détour d’une échappée autobiographique qui lui fait évoquer le combat de Ruben Um Nyobé et de l’Union des populations du Cameroun (UPC). Combat à mort dans une guerre qui n’a jamais dit son nom, et dont les fondés de pouvoirs de (...)